Mécénat d’entreprise et engagement social

Dans un article du magazine québécois  l’Actualité, un commentaire du designer français sur l’avenir des entreprises, Philippe Starck, a retenu l’attention de plus d’un : «Dans le futur, a-t-il déclaré, il y aura deux sortes de compagnies. D’un côté, les cyniques qui parlent des consommateurs comme d’une « cible », pour essayer de leur vendre des choses à tout prix. Et, de l’autre, celles qui sont en affaires pour aider là construire un monde meilleur.»

Ainsi, le capitalisme aide à construire un monde meilleur. Dans les belles années du marxisme triomphant, une telle déclaration serait considérée, par l’un des pays émergents les plus riches d’aujourd’hui, la Chine pour le citer, comme une provocation d’un suppôt de l’idéologie dominante !  Et pourtant, quelques décennies plus tard, cette affirmation plait à presque tous ou presque (si on veut faire une exception pour Cuba).

Cela signifie que l’humanité a beaucoup évolué depuis la guerre du Vietnam (les guerres servent des fois à quelque chose, n’est-ce pas ?). Aider les exclus, les exploités ou les démunis à s’en sortir, n’est plus vu comme une exigence idéologique. Le partage a acquis ses lettres de noblesse sous tous les cieux. Et c’est tant mieux !

Car des hommes ou des femmes riches subventionnant le fonctionnement d’orphelinats, d’hôpitaux, d’écoles, de musées et autres biens collectifs, il en a toujours eu, et il en aura toujours. Surtout quand le concept « engagement social de l’entreprise » est devenu une réalité dans tous les pays capitalistes du monde.
De ces riches américains dont la mémoire est aujourd’hui encore vénérée, on peut citer  Andrew Carnegie.

Disparu il y a près de cent ans, Andrew Carnegie reste toujours présent dans les débats sur la philanthropie moderne ou le mécénat d’entreprise. En effet, ce richissime industriel américain d’origine britannique a créé plus de 2 500 bibliothèques publiques gratuites aux Etats-Unis auxquelles il a donne son nom : les Carnegie Librairies. Il a soutenu financièrement 65 bibliothèques de la ville de New York, et subventionné de nombreux musées, des églises et des parcs publics. La splendide et célèbre salle de spectacle de New York, inaugurée en 1891, le Carnegie Hall est un de ses dons a la grande métropole américaine. En cette même année, il a finance la construction du California Institue of Technology. A Pittsburg, Pennsylvanie, il crée en 1896, le Carnegie of the Advancement of Teaching.  Après sa mort en 1919, 350 millions de dollars de sa fortune ont été répartis entre un important nombre de fondations et a des œuvres de charité.

En Haïti, nous n’avons pas encore commencé à écrire l’histoire de nos chefs d’entreprise philanthropes. Pour les années antérieures, les données vont cruellement manquer pour retracer leurs actions. Mais la venue de l’Internet aide énormément en ce sens. Et le Groupe Jean Vorbe y contribue, en faisant par exemple rapport dans le présent bulletin, de ses différentes activités dans ce secteur solidaire.

Il serait toutefois très intéressant qu’un organisme de la société civile se donne cette mission afin que la nation tout entière puisse être informée des actions entreprises en faveur des plus pauvres, par les plus nantis. Cela permettrait de renforcer le tissu social, de donner, dans un pays à fort clivage, une vision plus positive de ceux qui font marcher l’économie et qui créent des emplois.